Grand Lyon

Le compostage autonome ?

Qu'est-ce qu'un site de compostage autonome en établissement ? 1

Il s’agit d’un espace dédié au compostage de bio-déchets (issus de la cuisine, de la cantine mais aussi de l’entretien des espaces verts), géré à terme de façon autonome par les salariés et les usagers de cet établissement.

Il est possible d’en mettre en place dans les écoles, les cuisines mutualisées, les collèges, les lycées, les EPHAD, les crèches… tous les lieux qui produisent des biodéchets.

Ce système permet à la fois de recycler les bio-déchets produits par votre structure, de mettre en oeuvre un projet d’établissement autour des notions d’éco-citoyenneté et de respect de l’environnement, de fédérer différents acteurs (enseignants, agents, élèves…) autour d’un projet partagé et enfin d’obtenir un engrais gratuit et naturel pour amender vos espaces verts et jardins.

Quelles sont les conditions nécessaires à la mise en place d'un site de compostage autonome dans un établissement ? 2

Seules deux conditions sont essentielles pour pouvoir mettre en place un site de compostage autonome en structure :

  • disposer d’un espace de minimum 4 m² sur un sol « naturel » et vivant en contact avec la terre,
  • avoir quelques personnes motivées par ce projet et désireuses de s’y impliquer dans le temps.

Ce type de projet est donc accessible pour un grand nombre d’établissements !

Comment impliquer les élèves dans le fonctionnement du site de compostage ? 3

Les possibilités sont nombreuses et à adapter selon votre projet : tri des restes de repas, apport des bio-déchets sur le site, brassage, transfert entre bacs, tamisage, valorisation du compost… Les élèves sont généralement accompagnés d’adultes pour la mise en œuvre de ces différentes étapes.

Le site de compostage est aussi un formidable support pédagogique : observation des décomposeurs, suivi de l’évolution du compost, appréhension concrète du cycle de la matière, création d’un jardin pédagogique…

Quels sont les bio-déchets à mettre dans le composteur ? 4

Les bio-déchets qui seront mis ou non dans le composteur seront décidés en concertation avec l’équipe impliquée et en fonction du projet de votre établissement. Il existe en effet de nombreuses options possibles qui amèneront une gestion différenciée du site.

Néanmoins voici les préconisations de base :

  • Les épluchures de légumes
  • Les fruits et les légumes (frais ou abimés, cru ou cuits)
  • Thé, infusette en papier et marc de café
  • Les serviettes en papier
  • Les restes de repas d’origine végétale (pâtes, riz, légumes…)
Quels sont les biodéchets à ne pas mettre dans le composteur ? 5
  • Le pain
  • Les os, la viande, les œufs, les arrêtes de poisson, les coquillages
  • Le fromage et les produits laitiers
  • Les déchets non organiques tels que le plastique, le métal, le verre

Là encore il s’agit de préconisations de base qui peuvent être adaptées selon les volontés des porteurs de projets.

C'est quoi la matière sèche ? 6

Ce sont tous les bio-déchets « bruns, durs et secs » qui apportent beaucoup de carbone (cellulose, hémicelluloses, lignine) et qui aèrent le compost (aération passive des morceaux de broyat). Du plus grossier au plus fin, on trouve : le broyat de branche, la paille, les feuilles mortes broyées de préférence (notamment les grandes feuilles d’arbres comme le platane ou le catalpa), les copeaux de bois. La réserve de matière sèche permet de stocker toutes ces bio-ressources indispensables qu’il faut mélanger aux bio-déchets frais « verts, mous et humides », riches en azote, en respectant un ratio de principe de 2/3 de bio-déchets frais pour 1/3 de matière sèche.

Comment s'en procurer ? 7

Plusieurs possibilités s’offrent à vous :

  • vous avez une ressource en « interne » à votre établissement : des arbres (dont on récupèrera les branches après élagage), des feuilles mortes… qui pourront être broyés et stockés afin d’alimenter régulièrement le bac de matière sèche ;
  • si vous n’avez pas ces ressources dans votre établissement, cette matière sèche peut se trouver auprès de partenaires locaux (Services espaces verts de la commune, scierie ou menuiserie pour des copeaux de rabotage, déchèterie, élagueurs ou paysagistes…).

Lors de notre accompagnement, nous vous aidons à trouver une solution adaptée aux particularités de votre établissement et de son environnement.

Quels sont les gestes indispensables dans un cycle de compostage ? 8
  • Mettre le composteur de préférence sur un sol en terre végétale pour que les micro-organismes ensemencent naturellement le bac à compost
  • Installer le bac à mi-ombre de préférence à l’abri du vent pour que les décomposeurs puissent travailler dans des conditions optimales
  • Equilibrer les apports dans le composteur avec la proportion de principe : 2/3 de déchets verts pour 1/3 de déchets bruns
  • Brasser à chaque apport votre mélange à l’aide d’une griffe et saupoudrer de matières sèches les matières humides apparentes
  • Brasser une fois par semaine en surface sur une hauteur de dents de fourche pour homogénéiser le mélange des déchets.
  • Retourner et transvaser quand il est plein l’ensemble du bac de remplissage dans le bac de maturation et laisser mûrir le compost en cours
  • Récolter le compost mûr au bout de 8-10 mois environ
Comment savoir si le compost est trop humide ? 9

La bonne humidité du compost se contrôle en prenant une poignée de compost dans la main et la pressant :

  • le compost reste compacté et colore un peu la main : l’humidité est bonne,
  • l’eau goutte comme une éponge à travers les doigts : il est trop humide,
  • il ne se compacte pas, a un aspect poussiéreux et ne coule pas du tout : il est trop sec.
Mon compost ne semble pas démarrer, pourquoi ? 10

Il est possible que le tas stocké dans le bac de remplissage soit trop sec s’il y a un excédent de matière sèche. Il faut arroser « en pluie » le compost avec une pomme d’arrosage pour que l’eau puisse s’infiltrer dans le tas trop sec. Un apport important de matières vertes et humides peut rééquilibrer le mélange et réactiver le développement des bactéries, à condition de bien brasser l’ensemble du tas trop sec…

Quoi qu’il en soit, le compost ne « démarre » pas du jour au lendemain. Lors de la mise en route d’un site de compostage, plusieurs phases se mettent en place avant de pouvoir observer la décomposition des déchets organiques. En effet, dans un premier temps, le bac va être colonisé par des bactéries « aérobie » (bactérie qui ont besoin d’oxygène pour respirer, d’où la nécessité d’avoir un compost aéré). Lors de cette phase, le compost chauffe (montée en température qui favorise la première étape de dégradation de la matière). Ce n’est qu’après quelques mois que les décomposeurs visibles à l’œil nu (vers de fumier, larves, etc…) apparaissent dans le bac. « L’écosystème » à l’intérieur du composteur est désormais en place et la décomposition des déchets organiques s’accélère.

Le froid (températures négatives prolongées) limite également l’activité, mais elle reprendra dès que les températures remonteront.

Le compost dégage des mauvaises odeurs, que faire ? 11

Le compost peut sentir mauvais s’il est trop humide ou s’il est trop peu aéré. Un brassage énergique et l’ajout de matières sèches suffisent généralement à régler le problème. Dans tous les cas, les mauvaises odeurs sont liées à un trop faible taux d’oxygène dans le tas de compost qui va entraîner une fermentation (décomposition anaérobie, c’est à dire sans oxygène) des déchets.

En restauration collective, il arrive que certains biodéchets soient apportés en grandes quantités (restes de plats en sauce par exemple) ce qui peut déséquilibrer le compost. Dans ce cas il est recommandé d’apporter davantage de matière sèche et d’effectuer un brassage avec la fourche immédiatement après le dépôt des déchets compostables collectés.

Le compost peut-il attirer les rongeurs ? 12

Le bac à compost est une cage à l’envers : les rongeurs ne peuvent pas y pénétrer, ni par le fond grillagé, ni par les parois du bac en planches jointives. Il ne peut donc pas y avoir de rongeurs dans le bac à compost… S’ils cherchent à y rentrer c’est parce qu’il y a des déchets très attractifs qui ne devraient pas se trouver là, ou parce qu’il y fait chaud en hiver. L’arrivée des rats est un risque, principalement quand ils sont déjà présents dans les parages auparavant, mais pas plus que dans le local poubelle. Le rat est un commensal de l’homme depuis les débuts de la civilisation et l’accompagne partout.

Combien de temps faut-il pour obtenir un compost utilisable pour les plantes et le sol ? 13

Il faut distinguer deux types de compost : le compost mûr et le compost jeune. Le compost jeune ou demi-mûr après 4 à 6 mois de compostage, est d’aspect grossier et hétérogène. Il doit être utilisé avec précaution uniquement en surface, en paillage du sol et au pied de certaines plantes comme les Cucurbitacées (courges et courgettes par exemple). Le compost jeune est utilisé en surface et doit être paillé pour finir sa transformation qui demande de l’oxygène.

Le compost mûr, d’aspect fin et homogène est obtenu après 8 à 10 mois de compostage. Il a une couleur très noire/brun foncé, une structure grumeleuse et friable et il dégage une agréable odeur de sous-bois. On y trouve très peu d’insectes et de vers. Le compost mûr peut être utilisé en surface ou mélangé au sol et convient à de nombreuses plantes.

En quoi consiste l'accompagnement proposé par le Grand Lyon ? 14

L’accompagnement à la mise en place de site de compostage autonome se déroule en plusieurs étapes :

  • Les établissements intéressés par le compostage renseignent l’auto-diagnostic en ligne. Si besoin, un échange téléphonique complémentaire a lieu pour mieux connaître le projet.
  • Le Grand Lyon et son prestataire, Trièves Compostage et Environnement, étudient la faisabilité des projets selon des critères techniques et humains. Un certain nombre de projets seront sélectionnés pour être accompagnés chaque année.
  • L’étude de faisabilité se finalise avec une première visite de terrain qui est l’occasion d’une rencontre avec les différents acteurs concernés dans l’établissement, d’une visite du réfectoire et de l’établissement pour appréhender concrètement le montage du projet : lieu d’implantation des composteurs, organisation de la collecte des déchets, répartition des tâches,…

Ensuite l’accompagnement démarre par un Comité de Pilotage qui permet de présenter les différentes propositions de mise en œuvre du projet identifiées lors de la visite de terrain. Cette réunion permet aussi de planifier le démarrage du projet.

L’installation des bacs de compost est réalisée par le prestataire du Grand Lyon Rhône Insertion Environnement.

Suite à son installation, le site de compostage sera inauguré et mis en avant dans la presse locale afin de valoriser l’école et son engagement.

Trièves Compostage & Environnement formera le personnel de cuisine et les acteurs du compostage, ainsi que les élèves et les professeurs, sur la lutte contre le gaspillage alimentaire et le compostage.

Enfin, durant 1 an et demi, jusqu’à une dizaine de suivis techniques seront réalisés dans l’établissement avec les membres de l’équipe de gestion du compost pour permettre une bonne mise en route du site de compostage et une autonomisation progressive de l’équipe impliquée dans sa gestion.

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